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New Haven, Connecticut - 29 juin 2003

New Haven, État du Connecticut. Petite ville qui se lézarde sur la côte atlantique, accueillant les touristes new yorkais du week-end. Il n'y a rien à faire, rien à voir, rien à dire. Mais elle fait partie de la vie de Mathieu et donc, désormais, de ma vie aussi. Il y a passé 6 mois. Mais 6 mois, à 15 ans, ça compte comme 6 ans et ça marque une vie. C'est ce qui nous amène dans ce motel, longeant l'Interstate, au charme fonctionnel ; nous ne voulions rien d'autre.

Ce qui ne devait être qu'une étape devint rapidement incontournable dans notre compréhension de ce peuple patchwork, aux idées tellement hétéroclites.

Ce soir-là, nous renonçons à rejoindre le centre de la petite ville et descendons, à pied, jusqu'au prochain restaurant. Au loin, les néons de Gigi's :

- We are open

Gigi's renferme jalousement un four à bois, nous ne pensions pas en voir aux Etat-Unis et c'est ce qui nous décide à pousser la porte. Il n'y a que deux clients, près de l'entrée, qui s'apprêtent à partir. Vide, mais sympa et réellement typique. Des bancs rouges se succèdent, ponctués de petites tables, agrémentées elles-mêmes de ketchup et de moutarde. Toute l'Amérique, concentrée dans ces 150 petites mètres carrés … on s'y sent bien.









La carte est définitivement italienne : minestrone, panini, tortellini, pizza. Ambitieux, nous nous hasardons à commander du vin rouge italien. Nous finirons avec un rosé californien trop sucré. La femme qui nous sert, blanche sur les tempes, ne peut mentir sur ses origines. Une vraie Mama, jusqu'à la gentillesse. Trop d'années sur le sol américain ont avorté la langue, mais pas la cuisine. Ses grands-parents ont émigré là, passant sans doute les contrôles éliminatoires d'Ellis Island. Ils étaient sains, pas de virus, pas de maladie mentale, on leur a donc accordé le droit à une vie meilleure.

Quarante, cinquante, peut-être 60 ans plus tard, leur petite-fille nous amméne deux plats copieux, aux saveurs résolument méditerranéennes, à quelques détails de fromage près. L'alcool aidant, nous échangeons nos premiers mots, se limitant d'abord à notre voyage. Ses yeux s'illuminent :

- Ma fille va bientôt partir en Europe. Elle espère approfondir ses connaissances en Italien. Mais on lui a dit, là-bas, de ne pas crier sur les toits qu'elle était américaine, ça pourrait se révéler dangereux.

Nous sourions. Des deux côtés de l'Atlantique, les recommandations sont les mêmes, ou presque. Cacher sa nationalité aux esprits trop fermés. Saloperie de planète, gouvernée par la peur.

- Ici, les gens ne regardent que Fox News, ils ne lisent pas les journaux, ne cherchent pas à s'informer. L'autre jour, une femme voulait immédiatement payer son repas, pour aller " regarder la guerre ", comme on regarde un bon film. Que voulez-vous faire ?

Elle n'aime pas Bush et ne votera pas Bush. Pour elle-même, pour sa fille, pour ses clients, pour son pays.

Sur le chemin du Motel, nous longeons toutes ces petites propriétés, tellement empreintes de l'esprit américain. American Flag sur American Flag. Ceux qui font sourire la Mama. C'est vrai que chez Gigi's, il n'y en avait pas. Pas de clients non plus … cause à effets ?


LUNDI 30 JUIN 2003 - A New Haven, sur le chemin de Boston

Après avoir, pensions-nous, fait le tour du quartier, nous nous décidons, ce soir, à visiter le centre historique du " Nouveau Paradis " … mais quel enfer pour y parvenir ! Dans la poche, la carte de visite des taxis locaux :

- Notre communauté a deux excellents moyens de transport pour les conducteurs ivres : la police et les taxis. Un seul les ramènera à la maison ! 777 - 7777.

Nous ne sommes pas (encore) ivres, mais une voix moyennement sympathique nous assure que le cab sera devant le motel dans moins d'un quart d'heure. Quarante-cinq minutes plus tard, nous attendons toujours et à défaut de mieux, nous résignons à refaire le tour du quartier, en contournant le motel par sa face cachée. Un véritable petit centre commercial s'y dissimule : fast food, pizza à l'emporter, buanderie, station service et une petite entrée, noyée au milieu de tout ça : ID required, noté grossièrement à la main, scotché sur la porte. Derrière ? Du bon vieux rock, un long bar. Derrière ? Jill. Une femme bonne vivante, ça se lit sur elle. Dissimulé derrière une généreuse tignasse désorganisée, un large sourire. Nous commandons deux Bud, ça fait local et observons du fond de la salle, ce curieux endroit, organisé autour de trois tables de billard. Les habitués amènent leur propre matériel, des hommes seulement. Les rares femmes présentes les regardent, admiratives. Nous sommes l'attraction de leur soirée ; ils sont l'attraction de la nôtre. Finalement, tout le monde y trouve son compte.

C'est Jill qui nous aborde la première. Avec un shaker rempli d'un liquide rose.

- Pour souhaiter la bienvenue à nos amis suisses.

Trop sucré, bien sûr. Mais il chauffe le cœur et les esprits. Elle travaille ici tous les soirs, jusqu'à deux heures le lendemain, et recommence six heures plus tard, à l'usine dont le siège social est à Olten, en Suisse … que le monde est petit et que les Etats-Unis s'occupent mal de leur peuple.

Nous quittons le sombre fond de la salle pour nous accouder au bar et commandons un autre élixir, trop sucré, vert cette fois.

- Ce morceau est vraiment terrible !


Elle s'appelle Debbie et l'alcool fait traîner ses syllabes. Dans sa robe trop noire, trop courte, elle tue le temps avant de retrouver sa vie de merde et sa voiture de merde, qui lui servira cette nuit encore de maison. Elle boit, elle boit, elle boit tout ce qui lui est offert, en écoutant du rock. Et disparaît parfois, disparaît discrètement aux toilettes, avec un client du bar. Une vie de merde à New Haven, Connecticut.

Joe ressort des toilettes. Il me fait des signes. Je ne vois pas où il veut en venir. Debbie rétorque sèchement :

- Fais pas attention, il est sourd !

Je griffonne sur un papier :

- J'ai toujours rêvé d'apprendre ton langage.

Joe inscrit à la hâte tout l'alphabet, oubliant ci et là, quelques lettres … et ça le fait rire ! Il me répète inlassablement les mêmes gestes, pointant du stylo la lettre concernée. Finalement, c'est plus simple qu'il n'en paraît, chaque lettre étant imagée par les mains. Mais après l'alphabet, il y a les mots, puis les phrases. Tout s'embrouille dans ma tête et au final, je ne retiendrai que Joe : l'auriculaire tendu, le poignet bascule de haut en bas : " J ". Les doigts arqués appuyés sur le pouce : " O ", ça se voit. Plus serré, le pouce reste droit, on devine le " E ". C'est tout ce qu'il me reste de Joe et quelques éclats de rire, qu'il ne parvient pas à entendre. Joe disparaît comme il est apparu. Presque par magie …

Plus loin, au sud du bar enfumé (et oui, enfumé !), c'est Kenny J pour les intimes, Jack de son vrai nom. Natif de Louisiane, il a traversé tous les Etats avant de choisir celui-ci. Pourquoi ? Je ne sais pas et ne comprends pas. Il est aujourd'hui à la retraite, vivotant avec 600$ par mois ; une misère qu'il dépense ici, parfois avec Debbie, parfois seul.

Jack a les traits burinés par la vie, par le monde et les Etats-Unis. Aux présidentielles, il votera, cette année encore, les listes indépendantes. Comme pour contester, sachant que seuls les Démocrates et les Républicains comptent. Une ouverture ? Entre les vapeurs d'alcool, les langues se délient et nous posons les questions qui dérangent … Jack n'aime pas Bush, mais il n'aime pas non plus les Français. Ces lâches qui ont profité des Américains en Normandie et qui les renient aujourd'hui. Et les armes de destruction massive, Jack, où sont-elles ? La Commission d'enquête, où est-elle ? Faire la guerre oui, assumer, justifier, non ! Je m'emporte et comme pour s'excuser, Jack nous offre deux belles bières. Un trésor. Nous ne le convaincrons pas, bien sur, et n'essayons même pas. Il aura, peut-être, entendu ce soir son premier avis divergent… sans doute. Et ça vaut toutes les prises de gueule du monde.

La nuit avance. Debbie retourne dans sa voiture, Jack au sud du bar. Demain, nous quittons le petit paradis. Grosse journée en perspective, et gros maux de tête aussi. Un dernier échange de courriels et nous poussons la porte de chez Jill. Au revoir et merci pour cette leçon de vie.

Lire la suite : Voyage à Boston, Massachusetts

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