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Chutes du Niagara - 5 juillet 2003
Nous avalons les kilomètres... on se croirait sur notre
vieux continent: les forêts de connifères succèdent
à de petits lacs nichés dans des vallées.
Les panneux des villes alentours nous font sourire : Rome, Verona, Amsterdam, Albany, Hambourg, Rotterdam et même Geneva...
pourquoi en inventer alors qu'il en existe déjà
ailleurs ? Malgré la curiosité piquante, nous n'avons
pas le temps de nous arrêter. L'agence de location nous
attend et gare aux débordements !
Derrière les rues normalement marchandes, s'échappe
un grondement sourd... les chutes du Niagara ! Nous traversons
un étendu parc verdoyant, avant de pouvoir nous en approcher.
Quel spectacle ! L'eau commence à s'exiter quelques mètres
en amont, elle laisse présentir toute la grandeur du phénomène.
En longeant la barrière, les tourbillons se multiplient,
se densifient : aucun être humain ne saurait résister
à la force de ces courants. Et soudain, un trou, béant.
L'eau se jette plusieurs dizaines de mètres en dessous,
se fracassant sur les rochers, plusplus bas. Bruit assourdissant,
nuée blanche... personne ne parle, la nature impose le
silence.
Fascinantes chutes du Niagara, souvent mortelles, lorsque,
plus d'une centaine de fois par année, des êtres
humains désespérés s'y jettent, à
la recherche de leur dernière demeure. Frissons dans le
dos, quel orgueil et quel courage d'oser défier toute cette
violence, toute cette beauté.

Derrière le parc,
Niagara Falls ne se réveille pas. De la chambre de notre
hôtel, nous nous apercevons que la ville se meurt. Des dizaines
de buildings sont laissés à l'abandon, les commerces
ferment les uns après les autres, les touristesn'y viennent
plus... sauf nous et quelques familles mal renseignées.
Niagara Falls bat plus fort de l'autre côté de la
rivière, de l'autre côté de la frontière.
C'est là que les hôtels de luxe s'étalent,
que les restaurants gastronomique allèchent le passant.
C'est surtout là que les chutes sont les plus majestueuses,
les plus larges, les plus hautes : c'est là que ça
ce passe.
2 jours après notre arrivée, nous
traversons à pied, le long pond suspendu reliant les deux
pays. Nous tirons nos lourds bagages, devant le regard amusé
du douanier Canadien. Pourtant en terre anglophone, nous entendons
nos premiers mots de français depuis notre départ
de Suisse. Une saveur indesciptible... ici ce sont les touristes
américains arborant leurs T-Shirts partiotiques qui ont
l'air con. De l'autre côté du long pont, au pays
de Canaan. Oh Canada ! Enfin !

MARDI 8 JUILLET 2003
Niagara
Falls - Toronto en train. 2 heures et des poussières impregnées
de cette climatisation toujours excessivement froide. Sur la banquette en face,
un homme ronfle de toutes ses forces. On a beau siffler, rien y fait... Il bercera
le voyage.
Toronto nous acceuille à la tombée
de la nuit. Baignés d'or et d'orange, nous traversons le
quartier financier. Angoisse : des buildings é perte de
vue, aussi haut, aussi hautains, aussi impersonnels que les gratte-ciel
américains, sommes-nous vraiment au Canada ? Cherchez les
différences, il n'y en a pas. Le district dort déjà,
impatient d'acceuillir demain les sinistres costards-cravattes.
Notre hôtel est niché au pied des bâtiments.
Nous y laissons nos valises et courons voir ce qu'il se cache
derrière le financial district. Nous arrivons par hasard
sur Queen Street... une vraie bouffée de marhinalité,
parsemée de punks colorés, de chiens vagabons et
de troquets bon marché. Ca sent la vie à plein nez,
Dieu que cette odeur fait du bien ! Nous faisons escale dans une
créperie aux allures résolument parisiennes et nous
plongeons dans le menu, enre les suzettes et les tartes Tatin...
mmmh ! Ici, le français est plus que jamais à la
mode, CHirac ets un héro et Bushle blaireau. Son portrait
s'étale sur les t-shirts, dans les vitrines des magasins
: "American psycho"... Oh Canada !
VENDREDI
11 JUILLET 2003
3 jours à Toronto, à arpenter sa
rue Reine, à boire et à fumer (!) dans ses caves
à jazz, à déguster lasagnes italiennes...
et le voyage continue. Nous sommes attendus dans la soirée
chez Pauline et Gilles, des Québécois pure souce,
amis invétérés de Marie-Claude, la délirante
tante de Mathieu. Ils vivent à Montréal, à
plus de 4 heures de train d'ici. Nous ne les connaissons pas,
mais une seule conversation téléphonique a fini
de nous convaincre. Avec ce merveilleux accent des vastes étendues
du Nord, ils nous assurent que tout est prêt à nous
acceuillir. Nous aurons même notre propre appartement durant
2 longues semaines. Inesperé. Le voyage paraît tellement
long jusqu'à la gare de Montréal. Saupoudré
de quelques cookies et de thé noir, le train s'arrête
enfin : terminus, tout le monde descend.
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